Dans le panthéon des desserts bretons, le far breton occupe une place de choix. Cette spécialité traditionnelle, popularisée par la célèbre chef Julie Andrieu, connaît un succès phénoménal à chaque dégustation. Sa version au beurre salé, emblématique de la Bretagne, séduit par sa texture unique, à mi-chemin entre le flan et le clafoutis. Ce gâteau rustique, autrefois préparé dans les fermes bretonnes, s’impose aujourd’hui comme une valeur sûre lors des goûters familiaux. Sa disparition express des assiettes témoigne de son pouvoir addictif : impossible d’y résister une fois la première bouchée avalée. La recette de Julie Andrieu apporte une touche contemporaine à ce classique intemporel, en magnifiant le caractère du beurre salé, véritable signature gustative de la région. Préparez-vous à réaliser un dessert qui fera l’unanimité et dont vos convives redemanderont inlassablement la recette.
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Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Préparer les pruneaux
Commencez par faire macérer les pruneaux dénoyautés dans le rhum ambré. Cette étape permet aux fruits de s’imprégner des arômes et de développer une saveur profonde. Laissez-les reposer pendant au moins 30 minutes, idéalement une heure. Si vous préparez cette recette pour des enfants, remplacez le rhum par du jus de pomme ou du thé noir refroidi. Les pruneaux vont se gorger du liquide et apporter du moelleux au far breton. Pendant ce temps, vous pouvez préparer les autres ingrédients et préchauffer votre four à 180°C en chaleur tournante mode de cuisson qui répartit uniformément la chaleur grâce à un ventilateur.
2. Faire fondre le beurre salé
Dans une petite casserole, faites fondre doucement le beurre salé à feu doux. Surveillez attentivement pour éviter qu’il ne brûle ou ne mousse excessivement. Le beurre doit simplement devenir liquide et transparent. Une fois fondu, retirez la casserole du feu et laissez tiédir quelques minutes. Cette étape est cruciale car si le beurre est trop chaud, il risque de cuire les œufs lors du mélange. Le beurre salé apporte cette saveur caractéristique qui fait toute la différence dans cette recette de Julie Andrieu.
3. Mélanger les ingrédients secs
Dans un grand saladier, versez la farine tamisée action de passer la farine au tamis pour éliminer les grumeaux et le sucre en poudre. Ajoutez la pincée de sel, même si vous utilisez du beurre salé, car cela rehausse les saveurs sucrées. Mélangez ces ingrédients secs àl’aide d’un fouet manuel pour bien les répartir uniformément. Cette homogénéisation préalable garantit une pâte sans grumeaux et une texture parfaitement lisse dans le résultat final. Creusez un puits au centre de ce mélange pour accueillir les ingrédients liquides.
4. Incorporer les œufs
Cassez les quatre œufs directement dans le puits formé au centre des ingrédients secs. Commencez à fouetter énergiquement en partant du centre, en incorporant progressivement la farine. Cette technique permet d’éviter la formation de grumeaux. Utilisez un fouet électrique à vitesse moyenne pour faciliter le travail et obtenir une pâte bien lisse. Fouettez pendant environ 2 minutes jusqu’à obtenir un mélange homogène et légèrement mousseux. La texture doit être épaisse à ce stade, semblable à une pâte à crêpes très dense.
5. Ajouter le lait progressivement
Versez le lait entier en trois fois, en fouettant bien entre chaque ajout. Cette incorporation progressive permet d’obtenir une pâte parfaitement lisse, sans aucun grumeau. Le lait détend progressivement la préparation qui devient de plus en plus liquide. Ajoutez ensuite l’extrait de vanille et le beurre salé fondu tiédi. Mélangez énergiquement pour bien émulsionner action de mélanger deux liquides qui ne se mélangent pas naturellement l’ensemble. La pâte finale doit avoir la consistance d’une pâte à crêpes fluide, légèrement plus épaisse qu’un lait aromatisé.
6. Préparer le moule
Beurrez généreusement votre moule à manqué de 24 centimètres de diamètre avec un peu de beurre salé supplémentaire. N’hésitez pas à bien enduire les parois et le fond pour faciliter le démoulage après cuisson. Vous pouvez également utiliser du papier sulfurisé découpé aux dimensions du fond du moule pour une sécurité maximale. Égouttez les pruneaux macérés en conservant le rhum à part. Disposez les pruneaux de manière harmonieuse dans le fond du moule, en les espaçant régulièrement. Ils remonteront légèrement pendant la cuisson.
7. Verser l’appareil et cuire
Versez délicatement la pâte liquide sur les pruneaux disposés dans le moule. La préparation doit recouvrir entièrement les fruits. Tapotez légèrement le moule sur le plan de travail pour éliminer les éventuelles bulles d’air. Enfournez dans le four préchauffé à 180°C pour 50 minutes de cuisson. Le far breton est cuit lorsque la surface est joliment dorée et qu’un couteau planté au centre ressort propre. La texture doit rester légèrement tremblotante au centre, signe d’un moelleux parfait. Laissez refroidir complètement dans le moule avant de démouler.
8. Démouler et finaliser
Une fois le far breton complètement refroidi, passez délicatement une lame de couteau entre le gâteau et les parois du moule. Retournez le moule sur un plat de service et démoulez en tapotant légèrement le fond. Le far doit se détacher facilement si le moule a été correctement beurré. Si vous avez utilisé du papier sulfurisé, retirez-le délicatement. Le dessert peut se déguster tiède ou froid, selon vos préférences. Certains apprécient sa texture fondante lorsqu’il est encore légèrement tiède, d’autres préfèrent sa fermeté après un passage au réfrigérateur.
Mon astuce de chef
Pour obtenir un far breton encore plus moelleux et parfumé, laissez macérer les pruneaux dans le rhum pendant toute une nuit au réfrigérateur. Vous pouvez également remplacer une partie du lait par de la crème liquide entière pour une texture encore plus onctueuse. Si vous aimez les saveurs intenses, ajoutez une cuillère à café de caramel au beurre salé dans la pâte. Pour varier les plaisirs, remplacez les pruneaux par des raisins secs macérés dans du rhum ou du cognac. Pensez à toujours utiliser du beurre salé de qualité, de préférence de Bretagne, car c’est lui qui donne toute sa personnalité à ce dessert. Si vous n’avez pas de moule à manqué, un plat à gratin rectangulaire convient parfaitement, en adaptant le temps de cuisson selon l’épaisseur.
Accompagnements pour sublimer votre far breton
Le far breton au beurre salé se marie merveilleusement avec un cidre brut artisanal, boisson emblématique de la Bretagne qui complète parfaitement les saveurs du dessert. La légère acidité et les bulles fines du cidre contrebalancent la richesse du beurre salé et la douceur des pruneaux. Pour les amateurs de boissons chaudes, un café corsé ou un thé noir fumé type Lapsang Souchong créent un contraste intéressant avec la texture fondante du gâteau. Les enfants apprécieront un chocolat chaud ou un verre de lait frais qui adoucit les saveurs prononcées du rhum et du beurre salé. Pour une touche plus festive, un lambig eau-de-vie de cidre bretonne servi en digestif prolonge agréablement le voyage gustatif en terre bretonne.
L’info en plus
Le far breton trouve ses origines dans la tradition paysanne bretonne du XIXe siècle. Son nom vient du latin farz, signifiant farce ou farci, car il était initialement préparé comme un plat salé à base de sarrasin, farci de lard et cuit dans un sac en toile. La version sucrée que nous connaissons aujourd’hui s’est développée progressivement, avec l’ajout de pruneaux d’Agen importés du Sud-Ouest de la France. Julie Andrieu, journaliste culinaire et animatrice télé, a popularisé sa version personnelle en insistant sur l’importance du beurre salé, produit phare de la Bretagne. Cette région produit en effet un beurre d’exception, notamment dans le Finistère et les Côtes-d’Armor, où les vaches pâturent dans des prairies iodées. Le far breton incarne parfaitement l’art de la pâtisserie rustique française : peu d’ingrédients, une technique simple, mais un résultat gourmand et réconfortant. Chaque famille bretonne possède sa propre version, certaines ajoutant des raisins secs, d’autres du caramel, créant ainsi une mosaïque de recettes transmises de génération en génération.



