Rome, ses ruelles pavées, ses fontaines baroques… et ses maritozzi. Ces brioches généreuses, gonflées de crème fouettée, sont bien plus qu’une simple viennoiserie : elles incarnent l’âme de la capitale italienne au petit-déjeuner. Chez les boulangers romains, la journée commence toujours avec un maritozzo et un café serré. Bonne nouvelle : vous pouvez reproduire cette expérience chez vous, sans billet d’avion. La recette demande un peu de patience, mais le résultat est à la hauteur du voyage.
40 minutes
18 minutes
moyen
€€
Ingrédients
Ustensiles
Préparation
1. Activation de la levure
Dans un petit bol, versez les 150 ml d’eau tiède (elle doit être à environ 35-38°C, vérifiez avec votre thermomètre — une eau trop chaude tuerait la levure, une eau trop froide ne l’activerait pas). Ajoutez la levure sèche et une pincée de sucre. Mélangez doucement et laissez reposer 10 minutes. Vous verrez apparaître une mousse légère en surface : c’est le signe que votre levure est bien vivante et active. C’est une étape clé, ne la sautez pas !
2. Préparation de la pâte
Dans le bol de votre robot pâtissier, versez la farine type 00 (une farine très fine, idéale pour les pâtes levées, qui donne une mie aérée et filante), le sucre, le sel et le zeste d’orange finement râpé. Ajoutez ensuite la levure activée, l’huile d’olive, le miel et l’extrait de vanille. Pétrissez avec le crochet à vitesse moyenne pendant 10 à 12 minutes. La pâte doit devenir lisse, souple et légèrement élastique. Elle se détache des parois du bol : c’est bon signe !
3. Première pousse
Formez une boule avec la pâte et déposez-la dans un cul-de-poule légèrement huilé. Couvrez avec un torchon propre et humide. Laissez lever dans un endroit chaud (25°C environ) pendant 1h30 à 2 heures. La pâte doit doubler de volume. Cette phase s’appelle la pointage : c’est la première fermentation, elle développe les arômes et la structure de la brioche. Si votre cuisine est fraîche, placez le bol dans le four éteint avec juste la lumière allumée.
4. Façonnage des brioches
Dégazez la pâte en appuyant dessus avec la paume (dégazer signifie chasser le gaz carbonique accumulé pendant la fermentation). Divisez-la en 8 portions égales d’environ 70 grammes chacune. Boulez chaque portion entre vos deux paumes en effectuant des mouvements circulaires pour obtenir des boules lisses et bien rondes. Déposez-les sur une plaque recouverte de papier cuisson, en les espaçant d’au moins 5 cm.
5. Deuxième pousse
Couvrez les boules avec un torchon et laissez-les lever à nouveau pendant 45 minutes à 1 heure. Cette deuxième fermentation s’appelle l’apprêt : elle donne aux brioches leur légèreté finale. Elles vont gonfler et prendre une belle forme arrondie. Préchauffez votre four à 180°C en chaleur tournante pendant ce temps.
6. Dorure et cuisson
Préparez une dorure en mélangeant un peu de lait avec une cuillère de sucre. Badigeonnez délicatement chaque brioche avec ce mélange à l’aide d’un pinceau, sans appuyer pour ne pas les faire retomber. Enfournez pour 16 à 18 minutes, jusqu’à ce qu’elles soient bien dorées. À la sortie du four, laissez-les refroidir complètement sur une grille — c’est impératif avant de les garnir.
7. Montage de la crème fouettée
Versez la crème liquide entière bien froide dans un bol (placez-le au réfrigérateur 15 minutes avant). Fouettez à vitesse élevée jusqu’à obtenir une crème ferme. Ajoutez le sucre glace et fouettez encore 30 secondes. Remplissez votre poche à douille. Incisez chaque brioche sur le côté avec un couteau à pain, sans couper jusqu’au bout (comme on ouvre un sandwich). Garnissez généreusement de crème fouettée, en laissant déborder légèrement. Saupoudrez d’un voile de sucre glace avant de servir.
Mon astuce de chef
Le secret des boulangers romains : ajoutez une cuillère à soupe de miel directement dans la crème fouettée pour lui donner une note florale subtile. Pour une mie encore plus filante, pétrissez la pâte 5 minutes supplémentaires — une pâte bien pétrie est une pâte qui ne colle plus aux doigts mais reste souple. Enfin, consommez les maritozzi dans l’heure qui suit le garnissage : la crème ramollit la brioche avec le temps.
Un café noisette pour une dégustation à la romaine
Le maritozzo se déguste traditionnellement avec un cappuccino ou un café noisette (un expresso allongé d’une noisette de lait mousseux). Pour les enfants, un chocolat chaud épais et légèrement sucré fait une alliance parfaite avec la douceur de la crème fouettée.
L’info en plus
Le maritozzo est l’une des plus anciennes viennoiseries de Rome. Son nom viendrait du mot marito, qui signifie « mari » en italien. Selon la tradition, les jeunes hommes offraient ces brioches sucrées à leur promise le premier vendredi de mars, parfois en y cachant un anneau ou un billet doux. Longtemps garnis de raisins secs, de miel et de zestes confits, ils ont évolué au fil des siècles vers la version à la crème fouettée que l’on connaît aujourd’hui. Le maritozzo con la panna est désormais un incontournable des bars romains, dégusté debout au comptoir dès le matin.



