Recette infiniment macaron de Pierre Hermé

Recette infiniment macaron de Pierre Hermé

Le macaron infiniment de Pierre Hermé représente l’excellence de la pâtisserie française contemporaine. Cette création emblématique du célèbre chef pâtissier combine une coque croustillante et moelleuse avec une ganache onctueuse au cœur fondant. La technique de la macaronage demande précision et patience, mais le résultat en vaut largement l’effort. Cette recette mythique révèle les secrets d’un dessert qui a conquis les palais du monde entier, transformant la simple amande en une symphonie de textures et de saveurs. Avec des proportions millimétrées et une méthode rigoureuse, vous découvrirez comment réaliser ces petites merveilles qui font la renommée de la haute pâtisserie parisienne.

90

14

difficile

€€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparer le tant pour tant

Mixez ensemble la poudre d’amandes et le sucre glace pour obtenir une poudre très fine. Tamisez ce mélange deux fois pour éliminer tous les gros morceaux. Cette étape est cruciale car elle garantit des coques parfaitement lisses. Le tant pour tant désigne un mélange à parts égales de poudre d’amandes et de sucre glace. Incorporez les 110 grammes de blancs d’œufs non montés à ce mélange et travaillez pour obtenir une pâte homogène. Ajoutez le colorant si vous souhaitez colorer vos macarons.

2. Réaliser la meringue italienne

Versez l’eau et le sucre semoule dans une casserole. Portez à ébullition pour réaliser un sirop. Surveillez attentivement la température avec votre thermomètre : le sirop doit atteindre 118°C précisément. Pendant ce temps, commencez à monter les 110 grammes de blancs d’œufs restants au robot à vitesse moyenne. Lorsque le sirop atteint 118°C, versez-le en filet continu sur les blancs en fouettant à vitesse maximale. Continuez de fouetter jusqu’à ce que la meringue refroidisse complètement. La meringue italienne est une meringue cuite obtenue en versant du sucre bouillant sur des blancs montés.

3. Réaliser la macaronage

Incorporez un tiers de la meringue italienne dans le mélange tant pour tant pour détendre la préparation. Mélangez énergiquement avec la maryse. Ajoutez ensuite le reste de la meringue en deux fois en mélangeant délicatement. Réalisez maintenant la macaronage : avec la maryse, écrasez l’appareil contre les parois du cul-de-poule en effectuant des mouvements circulaires. La pâte doit devenir brillante et couler en formant un ruban qui se résorbe lentement. Comptez environ 50 à 70 mouvements. Attention, cette étape détermine la réussite de vos macarons : trop travaillée, la pâte sera liquide et les coques plates ; pas assez, elles seront craquelées.

4. Dresser les coques

Remplissez la poche à douille munie de la douille lisse. Dressez des petits cercles de 3 à 4 centimètres de diamètre sur le tapis en silicone posé sur la plaque de cuisson. Maintenez la poche bien verticale et exercez une pression régulière. Espacez les coques de 2 centimètres car elles s’étalent légèrement. Tapez fermement la plaque sur le plan de travail plusieurs fois pour faire remonter les bulles d’air et lisser la surface. Laissez croûter à l’air libre pendant 30 à 60 minutes selon l’humidité ambiante. Les coques doivent former une peau : elles ne doivent plus coller au doigt quand vous les touchez délicatement.

5. Cuire les macarons

Préchauffez votre four à 150°C en chaleur tournante. Enfournez la plaque et cuisez pendant 12 à 14 minutes. Les macarons sont cuits lorsque vous pouvez les décoller délicatement du tapis sans qu’ils ne se déforment. La collerette, cette petite couronne plissée à la base de la coque, doit être bien formée. Laissez refroidir complètement sur la plaque avant de décoller les coques. Ne vous découragez pas si les premiers essais ne sont pas parfaits : la maîtrise du macaron demande de la pratique.

6. Préparer la ganache

Portez la crème liquide à ébullition dans une casserole. Hachez finement le chocolat de couverture et placez-le dans un cul-de-poule. Versez la crème bouillante sur le chocolat en trois fois en mélangeant au centre avec une maryse pour créer une émulsion. Le glaçage doit être lisse et brillant. Lorsque la ganache atteint 35°C, ajoutez le beurre coupé en petits morceaux et mélangez jusqu’à incorporation complète. Laissez refroidir à température ambiante jusqu’à obtenir une consistance crémeuse facile à pocher.

7. Garnir et macaronner

Remplissez une poche à douille avec la ganache. Retournez la moitié des coques et déposez une noisette de ganache au centre de chacune. Recouvrez avec une coque de taille identique en effectuant une légère rotation pour bien répartir la garniture. Rangez délicatement les macarons dans une boîte hermétique. Placez-les au réfrigérateur pendant au moins 24 heures avant dégustation. Cette étape de maturation permet aux saveurs de se développer et aux textures de s’harmoniser : la coque s’assouplit légèrement au contact de la ganache pour créer ce fondant si caractéristique.

Juliette Lambert

Mon astuce de chef

Pour réussir vos macarons, pesez toujours vos blancs d’œufs plutôt que de compter le nombre d’œufs. La précision est essentielle. Utilisez des blancs vieillis de quelques jours conservés au réfrigérateur dans un récipient couvert : ils montent mieux en neige. Si votre four chauffe de manière inégale, tournez la plaque à mi-cuisson. L’humidité est l’ennemie du macaron : évitez de les réaliser les jours de pluie. Pour vérifier la cuisson, touchez délicatement le sommet d’une coque : elle ne doit pas bouger. Conservez vos macarons au réfrigérateur jusqu’à 5 jours ou congelez-les jusqu’à 1 mois. Sortez-les 20 minutes avant dégustation pour apprécier pleinement leur texture.

Accords avec un thé d’exception

Les macarons de Pierre Hermé s’accompagnent idéalement d’un thé noir parfumé comme un Earl Grey ou un Darjeeling première récolte. La subtilité aromatique du thé met en valeur la finesse du macaron sans masquer ses saveurs délicates. Pour une version chocolat, optez pour un thé fumé Lapsang Souchong dont les notes boisées créent un contraste harmonieux. Un champagne brut ou un crémant peuvent également sublimer la dégustation lors d’occasions festives. Évitez les boissons trop sucrées qui écraseraient l’équilibre gustatif de cette pâtisserie raffinée.

L’info en plus

Le macaron tel que nous le connaissons aujourd’hui est une invention relativement récente. Si les premiers macarons remontent à la Renaissance italienne, c’est au début du XXe siècle que la maison Ladurée a eu l’idée de les garnir pour créer le macaron parisien. Pierre Hermé a révolutionné cette pâtisserie dans les années 1990 en créant des associations de saveurs audacieuses et en perfectionnant la technique. Son approche infiniment consiste à décliner un ingrédient sous plusieurs formes dans une même création pour en explorer toutes les facettes. Le macaron est devenu un symbole de la pâtisserie française dans le monde entier, exportant le savoir-faire hexagonal sur tous les continents. La technique demande une précision digne d’un laboratoire scientifique : température, hygrométrie, temps de repos, tout compte.

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