Le gâteau ultra fondant aux amandes de Mercotte

Le gâteau ultra fondant aux amandes de Mercotte

Dans le monde feutré et exigeant de la pâtisserie, certains noms résonnent avec une autorité bienveillante. Mercotte, notre guide savoyarde au sourire malicieux, en fait partie. Loin des créations intimidantes et des techniques inaccessibles, elle nous offre des recettes qui parlent au cœur et au palais, des gourmandises qui semblent nous dire : « Vous aussi, vous pouvez le faire ». Aujourd’hui, nous poussons la porte de son univers pour nous attaquer à un monument de simplicité et de saveur : son gâteau ultra fondant aux amandes. Ce n’est pas simplement un gâteau ; c’est une promesse. La promesse d’une texture incroyablement humide et dense, d’un parfum d’amande puissant et réconfortant, et d’un gâteau qui, par sa nature même, se passe de farine de blé, ce qui en fait un plaisir accessible à beaucoup. Oubliez les gâteaux secs et friables. Ici, chaque bouchée est une caresse, un fondant qui s’abandonne sur la langue. Préparez-vous à découvrir non seulement une recette, mais une véritable leçon de pâtisserie où la qualité des ingrédients et la précision du geste priment sur la complexité. Enfilez votre tablier, nous partons en voyage au pays de la gourmandise authentique.

25 minutes

40 minutes

facile

€€

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. La préparation, clé de la réussite

Avant même de penser à mélanger quoi que ce soit, un bon pâtissier prépare son poste de travail. Commencez par préchauffer votre four à 180°C en mode chaleur statique. Ce mode de cuisson assure une chaleur douce et enveloppante, idéale pour que notre gâteau cuise de manière homogène sans se dessécher. Ensuite, occupez-vous de votre moule : beurrez généreusement un moule à manqué de 20 cm de diamètre, puis farinez-le. Petite astuce de pro : utilisez du sucre glace à la place de la farine pour chemiser (tapisser les parois intérieures d’un moule beurré) le moule. Cela créera une fine croûte caramélisée absolument divine. Dans un grand bol, tamisez ensemble la poudre d’amandes et le sucre glace. Ne sautez jamais cette étape ! Le tamisage permet d’aérer les poudres, d’éliminer les éventuels paquets et garantit une texture finale parfaitement lisse et homogène.

2. Le secret du beurre pommade et du crémage

Le secret d’un gâteau fondant réside souvent dans la texture de son beurre. Il doit être ‘pommade’, c’est-à-dire sorti du réfrigérateur à l’avance pour qu’il soit très mou, avec la consistance d’une crème. Surtout, ne le faites pas fondre au micro-ondes, car cela altérerait sa structure. Dans le bol de votre robot pâtissier muni de la feuille (l’accessoire plat), ou dans un saladier avec un batteur électrique, travaillez le beurre pommade avec le sucre en poudre. Cette étape, appelée le crémage, consiste à fouetter le mélange pendant plusieurs minutes jusqu’à ce qu’il blanchisse et devienne léger et mousseux. C’est en emprisonnant des bulles d’air à ce moment précis que vous donnez au gâteau sa future légèreté.

3. L’incorporation des arômes et des poudres

Séparez délicatement les blancs des jaunes d’œufs. Conservez les blancs dans un bol parfaitement propre pour plus tard. Incorporez les jaunes d’œufs un par un au mélange beurre-sucre, en veillant à ce que chaque jaune soit bien intégré avant d’ajouter le suivant. Cette méthode permet de créer une émulsion stable, gage d’une mie homogène. Ajoutez ensuite l’extrait d’amande amère et le rhum si vous en utilisez. Vient le moment d’intégrer les poudres. Versez le mélange poudre d’amandes-sucre glace tamisé dans le bol et mélangez à vitesse lente, juste assez pour obtenir une pâte homogène. Ne mélangez pas trop longtemps, au risque de développer l’élasticité de la pâte, ce que nous voulons éviter ici.

4. La meringue française, un nuage de légèreté

C’est l’étape magique qui va transformer votre pâte dense en un futur gâteau aérien. Dans un bol parfaitement dégraissé (passez un demi-citron sur les parois si besoin), montez les blancs d’œufs en neige avec la pincée de sel. Le sel agit comme un stabilisateur. Commencez à fouetter à vitesse moyenne. Lorsque les blancs deviennent mousseux et commencent à laisser des traces, augmentez la vitesse. Continuez de battre jusqu’à obtenir une meringue ferme qui forme le fameux ‘bec d’oiseau’ : lorsque vous retirez les fouets, une pointe doit se former et se tenir droite, en se courbant légèrement à son extrémité. Attention à ne pas trop battre les blancs, ils deviendraient granuleux et difficiles à incorporer.

5. L’assemblage, un geste de douceur

L’incorporation des blancs en neige est le moment le plus délicat. Il faut préserver à tout prix l’air que vous avez mis tant de soin à y emprisonner. Pour ce faire, prélevez d’abord un tiers de vos blancs montés et incorporez-le assez vivement à la pâte d’amandes. Le but est de détendre la pâte, de la rendre plus souple et plus réceptive. Ensuite, ajoutez le reste des blancs en deux fois. Cette fois, utilisez une spatule maryse et incorporez-les avec un mouvement ample et délicat, en partant du centre, en raclant le fond du bol et en remontant sur les côtés, tout en faisant tourner le bol. Continuez ce geste enveloppant jusqu’à ce que la pâte soit homogène, sans traces de blancs visibles.

6. La cuisson maîtrisée pour un cœur fondant

Versez délicatement l’appareil (le nom donné en pâtisserie à un mélange d’ingrédients avant cuisson) dans votre moule préparé. Lissez la surface avec le dos d’une cuillère ou une petite spatule. Parsemez généreusement la surface avec les amandes effilées. Enfournez pour environ 40 minutes. La durée de cuisson peut varier selon les fours. Pour savoir si votre gâteau est cuit, fiez-vous à son apparence : il doit être bien doré. Le test ultime reste celui de la lame de couteau : plantée au cœur du gâteau, elle doit ressortir propre mais légèrement humide. Nous cherchons un fondant, pas un gâteau sec. Une légère sous-cuisson au centre est même préférable.

7. Le repos et la touche finale

Une fois sorti du four, laissez le gâteau tiédir dans son moule pendant une dizaine de minutes. Cette étape est cruciale pour qu’il se raffermisse un peu et ne se brise pas au démoulage. Ensuite, passez délicatement la lame d’un couteau sur les bords et démoulez-le sur une grille de refroidissement. Laissez-le refroidir complètement sur la grille. L’air circulant en dessous évitera que de la condensation ne se forme et ne ramollisse la base. Juste avant de servir, pour la touche finale digne d’une vitrine de pâtisserie, saupoudrez-le généreusement de sucre glace à l’aide d’un petit tamis. C’est ce voile de blancheur qui lui donnera son aspect si gourmand et élégant.

Juliette Lambert

Mon astuce de chef

La qualité de la poudre d’amandes est primordiale. Optez pour une poudre extra fine et si possible, fraîchement moulue. Une poudre qui a séjourné trop longtemps dans un placard peut devenir rance et gâcher le goût délicat de votre gâteau. De plus, assurez-vous que tous vos ingrédients, en particulier le beurre et les œufs, soient à température ambiante. Ce détail, qui peut sembler anodin, est essentiel pour réussir l’émulsion et obtenir une texture parfaite. Un beurre trop froid ou des œufs glacés pourraient faire ‘trancher’ votre appareil, c’est-à-dire que la matière grasse se séparerait du reste, compromettant le résultat final.

Un accord tout en douceur

Ce gâteau, par son parfum intense d’amande et sa texture riche, appelle une boisson qui saura le compléter sans l’écraser. Oubliez les boissons trop sucrées. Optez pour un café de qualité, comme un expresso fraîchement moulu aux notes de noisette, qui créera un contraste saisissant avec le fondant du gâteau. Pour les amateurs de thé, un thé blanc délicat comme un Bai Mu Dan ou un thé vert japonais Sencha apportera une touche de fraîcheur végétale très agréable. Si vous souhaitez une boisson plus originale, un verre de lait d’amande froid et non sucré fera un rappel de saveur subtil et gourmand. Enfin, pour une note festive, un verre de cidre brut ou de clairette de Die apportera des bulles fines et une légère acidité qui équilibreront la rondeur du dessert.

Un dessert au cœur de la tradition

Le gâteau aux amandes est un classique intemporel de la pâtisserie française, particulièrement ancré dans les régions où l’amandier prospère, comme la Provence, mais aussi en Savoie, la région de cœur de Mercotte. Sa particularité est d’utiliser la poudre d’amandes non seulement comme un arôme, mais comme le substitut principal de la farine. Cette caractéristique le rend naturellement sans gluten, bien avant que cela ne devienne une tendance culinaire. Il s’inscrit dans la famille des ‘pains de Gênes’ ou des ‘financiers’, ces pâtisseries où la richesse de l’amande est mise à l’honneur. La version de Mercotte se distingue par son équilibre parfait entre le sucre et le fruit sec, et par sa texture ‘ultra fondante’ qui est devenue sa signature. C’est un gâteau qui incarne sa philosophie : une pâtisserie généreuse, technique mais pas inaccessible, qui célèbre avant tout le goût du bon produit.

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