Le secret de la championne du monde du far breton : sa recette de grand-mère fondante, au beurre salé, sans fioritures

Le secret de la championne du monde du far breton : sa recette de grand-mère fondante, au beurre salé, sans fioritures

Dans le monde de la pâtisserie bretonne, le far breton règne en maître absolu. Cette spécialité traditionnelle, apparemment simple, cache en réalité de nombreux secrets pour atteindre la perfection. Lorsque la championne du monde de la discipline dévoile sa recette familiale, transmise par sa grand-mère, on découvre un trésor de simplicité et d’authenticité. Pas de fioritures, pas d’artifices, juste des ingrédients nobles travaillés avec justesse pour obtenir cette texture fondante si caractéristique qui fait fondre les papilles des amateurs.

Le secret réside dans le respect de la tradition et l’utilisation d’un beurre salé de qualité, véritable signature de la Bretagne. Cette recette, éprouvée par des générations de cuisinières bretonnes, garantit un résultat à la hauteur des attentes les plus exigeantes. La texture obtenue est à mi-chemin entre le flan et le clafoutis, avec cette densité caractéristique qui fait toute la différence. Préparez-vous à découvrir les gestes précis et les dosages millimètrés qui transforment des ingrédients du quotidien en une merveille gustative digne des plus grandes tables.

15

50

facile

Ingrédients

personnes +

Ustensiles

Préparation

1. Préparation des pruneaux

Commencez par faire tremper les pruneaux dans le rhum ambré pendant au moins 30 minutes avant de débuter la recette. Cette étape, appelée macération, permet aux fruits secs d’absorber les arômes de l’alcool et de se gorger d’humidité. Si vous disposez de plus de temps, laissez-les macérer plusieurs heures, voire toute une nuit au réfrigérateur. Les pruneaux deviendront ainsi plus moelleux et parfumés. Égouttez-les délicatement avant utilisation en conservant le rhum restant pour parfumer la pâte.

2. Préparation du moule

Préchauffez votre four à 180 degrés Celsius en mode chaleur tournante. Pendant ce temps, beurrez généreusement votre moule à manqué de 24 centimètres de diamètre avec une partie du beurre salé. N’hésitez pas à bien insister sur les bords et le fond pour éviter que le far n’accroche lors du démoulage. Cette étape est cruciale pour obtenir un démoulage parfait et une croûte légèrement dorée sur les bords.

3. Réalisation de la pâte

Dans un grand saladier, versez la farine tamisée et créez un puits au centre, c’est-à-dire une cavité dans la farine. Cassez les œufs dans ce puits et ajoutez le sucre en poudre. Commencez à mélanger délicatement avec un fouet en partant du centre et en incorporant progressivement la farine. Ce geste permet d’éviter les grumeaux et d’obtenir une pâte parfaitement lisse. Travaillez avec patience, sans vous presser, en effectuant des mouvements circulaires réguliers.

4. Incorporation du lait

Faites tiédir le lait dans une casserole sans le porter à ébullition. Il doit être à peine chaud, environ 40 degrés Celsius. Versez-le progressivement dans la préparation en continuant de fouetter énergiquement. Cette incorporation progressive est essentielle pour maintenir une texture homogène. Ajoutez l’extrait de vanille et le rhum récupéré de la macération des pruneaux. Fouettez encore quelques instants jusqu’à obtenir une pâte fluide et sans aucun grumeau.

5. Ajout du beurre fondu

Faites fondre le reste du beurre salé à feu doux dans une petite casserole. Attention à ne pas le faire brunir, il doit simplement devenir liquide. Incorporez-le délicatement à la pâte en fouettant. Le beurre salé apporte cette saveur typiquement bretonne et contribue à la texture fondante si recherchée. Mélangez bien pour que le corps gras soit parfaitement émulsionné dans la préparation.

6. Assemblage et cuisson

Versez la moitié de la pâte dans le moule beurré. Répartissez harmonieusement les pruneaux égouttés sur cette première couche. Recouvrez avec le reste de la pâte en veillant à ce que les fruits soient bien enrobés. Enfournez pour 50 minutes de cuisson. Le far est cuit lorsque la surface est bien dorée et qu’une lame de couteau plantée au centre ressort presque sèche. La texture doit rester légèrement tremblotante au centre, signe d’un fondant optimal.

7. Refroidissement

Laissez refroidir le far dans son moule pendant au moins 2 heures à température ambiante. Cette étape de repos est primordiale car elle permet à la texture de se stabiliser et de développer tous ses arômes. Le far breton se déguste traditionnellement tiède ou à température ambiante, jamais brûlant. La patience est récompensée par une texture incomparable, à la fois dense et fondante.

Juliette Lambert

Mon astuce de chef

Le secret d’un far breton réussi réside dans la qualité du beurre salé utilisé. Privilégiez un beurre de baratte breton avec des cristaux de sel de Guérande visibles. La température du lait est également cruciale : trop chaud, il cuirait les œufs et créerait des grumeaux, trop froid, il ne s’incorporerait pas correctement. Pour vérifier la cuisson, le far doit présenter une légère résistance en surface tout en conservant un cœur moelleux. Si vous souhaitez une version sans alcool, remplacez le rhum par du jus de pomme ou du thé noir corsé pour conserver la profondeur aromatique.

Les boissons idéales pour accompagner le far breton

Le far breton s’accompagne traditionnellement d’un cidre brut artisanal, dont l’acidité et les bulles fines contrebalancent parfaitement la richesse du dessert. Pour une version plus festive, optez pour un lambig, eau-de-vie de cidre bretonne, servie en digestif. Les amateurs de douceur préféreront un chouchen, hydromel breton légèrement sucré qui rappelle les saveurs de miel.

Pour les enfants ou les personnes ne consommant pas d’alcool, un jus de pomme trouble de qualité, légèrement acidulé, constitue un excellent choix. Une infusion de verveine citronnée apporte également une note rafraîchissante qui sublime les arômes de vanille et de pruneaux.

L’info en plus

Le far breton trouve ses origines au XVIIIe siècle dans les campagnes bretonnes. Son nom vient du latin farinam, signifiant farine, et désignait initialement une bouillie de froment consommée par les paysans. Àl’époque, cette préparation rustique ne contenait ni œufs ni pruneaux, luxes réservés aux tables bourgeoises.

C’est au XIXe siècle que le far évolue vers la recette que nous connaissons aujourd’hui. L’ajout des pruneaux d’Agen, fruit sec accessible et se conservant parfaitement, transforme ce plat du quotidien en véritable dessert. Certaines régions bretonnes préparent encore le far nature, sans fruits, appelé far forn en breton.

La championne du monde évoquée a remporté son titre lors du concours international de Saint-Brieuc, référence absolue en matière de pâtisserie bretonne. Sa recette familiale, jalousement gardée pendant des décennies, respecte les proportions ancestrales et refuse toute modernisation. Le beurre salé reste l’ingrédient signature, impossible à remplacer sans dénaturer l’authenticité du dessert.

Imprimer

×
Groupe WhatsApp